2003 : Les quatre chantiers du MRAP


Si l'on déroule le ruban des derniers mois, on voit émerger deux dates:
21 avril 2002 et plus loin 11 septembre 2001.
Ces deux dates ont durablement marqué notre histoire et on peut dire que leurs suites continuent à marquer notre travail pour donner vie à ce qui est notre raison d'etre : restituer à  chaque etre humain sa dignité , quelles que soient sa nationalité, sa couleur de peau, sa religion, ses opinions philosophiques et politiques, oeuvrer pour que chaque personne, chaque peuple puisse vivre en paix dans le respect des droits et libertés fondamentaux.

Le 21 avril, 1 électeur sur 5 a donné une légitimité politique aux réponses racistes, devant les difficultés quotidiennes vécues par un très grand nombre de nos concitoyens. C'est un coup violent que la France a reçu,
un coup inattendu.
Le 5 mai, le sursaut citoyen a repoussé le danger, mais la France, minée par ses peurs de l'autre, rongée par l'exclusion, la pauvreté et la marginalisation, accepte aujourd'hui les réponses inspirées par les idées d'extreme droite.
Colmater les brèches ouvertes le 21 avril, construire les résistances, tel est en fait notre premier chantier.

Le 11 septembre 2001 n'en finit pas; autre date, autre horreur, autres tragédies à venir.
Cette catastrophe est un révélateur, un signal d'alarme d'une crise profonde née des humiliations, du mépris, de la misère, de la mondialisation des rapports de domination qui poussent les hommes , les peuples et les nations vers des réponses de violence et de haine, se réclamant des religions ou des communautarismes.
La peur, l'excitation et l'outrance sont les alliés objectifs du racisme. En France, alors que l'antisémitisme s'exprime et s'affiche de manière inquiétante, le rejet haineux des musulmans et de l'Islam, s'installe sans les résistances attendues.
Notre combat contre tous les racismes et leurs manifestations nouvelles est notre deuxième chantier.

En ce début d'année, l'horizon de la paix est bouché. De gros nuages annociateurs de tragédies humaines n'épargnent aucun continent.
En Afrique, en Cote d'Ivoire : regard passif de la communauté internationale.
Au Proche Orient, l'absence de paix rend toute vie impossible, aux Palestiniens comme aux Israéliens.
En Irak, une catastrophe se prépare, et les risques sont grands d'embraser tout le Moyen Orient et d'exacerber les conflits actuels ( comme en Tchétchénie et en Corée du Nord ), mais aussi d'engendrer des répercussions parmi les différentes composantes de la population de France.
C'est dire l'importance de notre troisième chantier: le droit des peuples à vivre en paix, et la coexistance pacifique en France.

Enfin, il nous faut garantir l'existance du MRAP. Il souffre douloureusement de l'absence chronique de moyens financiers à la hauteur des besoins du combat contre le racisme et pour l'amitié et le droit des peuples. Il faut développer les adhésions, améliorer la communication interne et externe et réorganiser nos instances.
Sauver, renforcer et améliorer le MRAP, c'est là notre quatrième chantier.

... Malgré tout, bonne année, et, comme le disait Che  Guevara: " Celui qui lutte peut perdre, celui qui ne lutte pas a déjà perdu ".

                                                         Mouloud Aounit
                                                    Secrétaire général
                                                                                  Janvier 2003