Le 21 avril, 1 électeur
sur 5 a donné une légitimité politique aux réponses
racistes, devant les difficultés quotidiennes vécues par
un très grand nombre de nos concitoyens. C'est un coup violent que
la France a reçu,
un coup inattendu.
Le 5 mai, le sursaut
citoyen a repoussé le danger, mais la France, minée par ses
peurs de l'autre, rongée par l'exclusion, la pauvreté et
la marginalisation, accepte aujourd'hui les réponses inspirées
par les idées d'extreme droite.
Colmater
les brèches ouvertes le 21 avril, construire les résistances,
tel est en fait notre premier chantier.
Le 11 septembre 2001
n'en finit pas; autre date, autre horreur, autres tragédies à
venir.
Cette catastrophe
est un révélateur, un signal d'alarme d'une crise profonde
née des humiliations, du mépris, de la misère, de
la mondialisation des rapports de domination qui poussent les hommes ,
les peuples et les nations vers des réponses de violence et de haine,
se réclamant des religions ou des communautarismes.
La peur, l'excitation
et l'outrance sont les alliés objectifs du racisme. En France, alors
que l'antisémitisme s'exprime et s'affiche de manière inquiétante,
le rejet haineux des musulmans et de l'Islam, s'installe sans les résistances
attendues.
Notre
combat contre tous les racismes et leurs manifestations nouvelles est notre
deuxième chantier.
En ce début
d'année, l'horizon de la paix est bouché. De gros nuages
annociateurs de tragédies humaines n'épargnent aucun continent.
En Afrique, en Cote
d'Ivoire : regard passif de la communauté internationale.
Au Proche Orient,
l'absence de paix rend toute vie impossible, aux Palestiniens comme aux
Israéliens.
En Irak, une catastrophe
se prépare, et les risques sont grands d'embraser tout le Moyen
Orient et d'exacerber les conflits actuels ( comme en Tchétchénie
et en Corée du Nord ), mais aussi d'engendrer des répercussions
parmi les différentes composantes de la population de France.
C'est
dire l'importance de notre troisième chantier: le droit des peuples
à vivre en paix, et la coexistance pacifique en France.
Enfin, il nous faut
garantir l'existance du MRAP. Il souffre douloureusement de l'absence chronique
de moyens financiers à la hauteur des besoins du combat contre le
racisme et pour l'amitié et le droit des peuples. Il faut développer
les adhésions, améliorer la communication interne et externe
et réorganiser nos instances.
Sauver,
renforcer et améliorer le MRAP, c'est là notre quatrième
chantier.
... Malgré tout, bonne année, et, comme le disait Che Guevara: " Celui qui lutte peut perdre, celui qui ne lutte pas a déjà perdu ".
Mouloud Aounit
Secrétaire général
Janvier 2003