Protection des droits des migrants .

                                                                 Bernadette HETIER , du MRAP National.

Dans un monde de 6,5 milliards d' habitants,  1 être humain sur 35 est un migrant. On estime à peu près à 200 millions le nombre de personnes qui vivent ailleurs que dans leur pays de naissance, soit 3% de la population mondiale, selon le rapport de la Commission Mondiale des Migrations Internationales de 2005.
Presque tous les états sont concernés, en tant que pays d'émigration, d'immigration, de transit, ou parfois les trois. Le nombre mondial de migrants traversant les frontières sans autorisation atteindrait chaque année de 2,5 à 4 millions. Pour l'Europe, en 2002, 10% des migrants étaient en situation "irrégulière", soit environ 5 millions. Près de 60% des migrants résident en Europe ( 56 millions) et en Amérique du Nord ( 41 millions).... Aujourd'hui, dans les pays développés, près d'un habitant sur 10 est un immigré, contre 1 sur 70 dans les pays en voie de développement. ( rapport 2002 des Nations Unies.)

La " Convention Internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille ", adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies ( décembre 1990) se réfère à tous les principes antérieurement consacrés dans les grands textes sur les Droits de l'homme des Nations Unies, ainsi que dans les divers instruments de l'Organisation Internationale du Travail. Ce n'est qu'après la 21ème ratification ( Guatémala 2003) que les N.U. ont pu proclamer l'entrée en vigueur, le 1er juillet 2003, de la Convention de 1990. Aujourd'hui, on compte 34 ratifications.

Pour lutter contre le trafic, la traite et l'exploitation des migrants, la Convention vise à promouvoir  des conditions légales et humaines de protection des droits fondamentaux des migrants ( si possible à égalité avec les nationaux ). Les droits des migrants sans papiers doivent être protégés au même titre que ceux des migrants réguliers. La Convention reconnait les droits de familles et recommande des mesures en faveur du regroupement familial et du mariage.
Elle couvre tous les aspects du processus migratoire et prend en compte toutes les catégories de travailleurs . Elle vise notamment à :

La Convention réaffirme l'indivisibilité des droits humains fondamentaux, ainsi que leur universalité.

Des campagnes d'ONG pour la ratification se poursuivent à divers niveaux.

La plateforme internationale a été créée en 2004 et se définit comme " une coalition d'organisations non-gouvernementales mise  en place dans l'objectif de faciliter la promotion, la mise en oeuvre et la surveillance de la Convention"  .
La plateforme européenne a relayé la campagne internationale et a utilement servi de point d'appui à l'action du même collectif sur le " LIVRE  VERT " de la Commission européenne sur les migrations économiques. Ses objectifs sont, outre le lobbying, d'harmoniser les campagnes nationales.
La plateforme française a également vu le jour en 2004. Elle est animée par un noyau dur d'associations, signataires de lettres à des Commissaires Européens ainsi qu'aux différents partis et syndicats français, leur demandant de s'engager pour la ratification , à l'instar des demandes formulées auprès de la CNCDH et du Conseil Economique et Social.
Les Verts, le PCF et les Alternatifs ont exprimé un soutien.

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