Il montre le degré de violence auquel sont parvenus des groupes puissamment organisés à l'échelle de la planète, dont l'objectif est d'entraîner le monde dans une escalade guerrière. L'irruption de tels groupes s'inscrit directement dans l'aggravation des tensions et du désordre économique, social, diplomatique et militaire qui règne dans notre monde.
La déstabilisation et la fragilité de régions entières, le non-respect des droits légitimes de tous les peuples, la prolifération des armes et des technologies de mort, la corruption et les flux d'argent sale abrités par les paradis fiscaux, leur offrent des moyens sans précédent. Les frustrations nées de la misère, du poids insupportable de la dette sur les pays du Sud et de la non-résolution de conflits qui durent depuis des dizaines d'années, comme celui dont le peuple palestinien est victime, fournissent à leurs visées meurtrières un vivier de désespoir et de haine.
La réponse à cette situation ne peut reposer sur une logique de guerre de vengeance, de croisade ou de punition collective. Toute action de représailles contre des populations déjà meurtries par la famine et la guerre ne pourrait qu'attiser les tensions, les fanatismes, les haines et entraîner toute une région dans un engrenage non maîtrisable. Les notions de "croisades", de "guerre du XXlème siècle" invoquées par le président américain ne permettent en rien que justice soit rendue aux victimes du 11 septembre. C'est dans le cadre du droit international et de la Charte des Nations-Unies que tout doit être mis en oeuvre pour identifier, arrêter et juger les auteurs de l'attentat.
Les organisations soussignées appellent à la vigilance contre tout amalgame ou exploitation des crimes terroristes qui viserait à stigmatiser et à diaboliser des populations en raison de leur origine, de leur religion, de leur appartenance ethnique ou nationale. De même, elles dénoncent la tentation qui se fait jour, dans le débat, aux Etats-Unis ou en Europe, de restreindre les libertés publiques et elles s'insurgent contre les tentatives de criminaliser les mouvements qui s'opposent à la mondialisation libérale.
C'est toute la conception de la sécurité du monde qui doit être repensée. Aucun bouclier anti-missile, aucune arme atomique, aucune armada ne protège efficacement les peuples. Une nouvelle course aux armements ne ferait qu'aviver les tensions existantes et perpétuer le gâchis des dépenses militaires ( 800 milliards de dollars par an ) C'est à la racine qu'il faut agir contre les violences. Nous appelons à la construction d'un monde de paix et de sécurité collective fondé sur le droit, la démocratie, la justice sociale, le développement durable et la promotion des droits humains.
Cela implique des institutions internationales au service de la lutte contre les inégalités et une coopération de toutes les nations du monde pour le désarmement, la prévention des conflits et des risques, et l'instauration d'une culture de paix.
L'information et le débat dans les parlements français et européens sur ces questions sont des exigences démocratiques. Les organisations soussignées appellent les citoyens à se mobiliser sans attendre contre toute tentative d'escalade guerrière, les gouvernements français et européens à agir dans ce sens. Elles se placent en état de vigilance afin de prendre les initiatives qui s'imposeront au cours des prochains jours.
PARIS, le 27 septembre 2001
Organisations signataires au 6 octobre 2001
ACDN-les Alternatifs-AMFPGN-Appel des cent pour la paix-Association des Palestiniens en France-ATTAC-Bizzarement Je Crois-CANVA-CEDETIM-CGT/Finances-CGT/Fédération des sociétés d'études-Confédération paysanne-Coordination française de la décennie-Chiche!-Cyber@acteurs-EPP-France Tibet-FSU-LCR-LDH-LIFPL-MOC-MAN-MIR France-Mouvement de la paix-MRAP-PCF-Ras le Front-SNUI-Stop essais-SUD aérien-SUD culture-SUD étudiants-SUD PTT-SUD rail-Terre des hommes France-UJFP-les Verts-