Conférences-débats





* 1998 . LA  DISCRIMINATION  DANS  LE  MONDE  DU  TRAVAIL

Avec le sociologue Ph.Bataille , auteur du livre » Le racisme au travail ».
 

« Briser la loi du silence. Pour la première fois dans le Nord Franche-Comté, on parle, ouvertement, de « discrimination à l’emploi ». Sujet tabou s’il en est, la loi du silence est, enfin,rompue.

C’est à l’initiative du M.R.A.P. de Montbéliard et de la Maison de la Méditerranée  de Belfort, qu’a été organisée une conférence-débat sur la discrimination dans le monde du travail, que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public .Cette conférence-débat a été animée avec le talent, la clarté et l’intelligence de Philippe Bataille, sociologue,  qui  travaille sur cette question depuis de longues années.

Le constat accablant de ce chercheur,-- à savoir que le monde du travail est bel et bien un espace où se sont développées  des formes de racisme banalisé, au quotidien, des pratiques discriminatoires à peine dissimulées, dont personne, pas même les victimes, n’ose parler – n’est pas désespérant .Bien au contraire , il permet de s’interroger , comme le fait le M.R.A.P. depuis sa renaissance à Montbéliard  sur les réponses à apporter dans un Nord Franche-Comté où « la situation  est encore plus dure qu’ailleurs ». Paul Coizet, élu du Pays de Montbéliard, en parle gravement.Il est bien placé pour en juger , tout comme Denis Sommer , ancien responsable syndicaliste de Peugeot-Sochaux. La première réponse apportée par Philippe Bataille est qu’ »il faut que la loi du silence soit cassée, brisée ».C’est un premier pas, essentiel , évidemment. Mais ce n’est pas tout. Ph.Bataille  apporte une autre réponse capitale. « Il faut désidéologiser  tout cela, sortir du jeu des accusations, créer au bout du compte les conditions d’une rencontre »

Bernard Fraudin , sous-préfet de Montbéliard entend , pour sa part, avancer sur ce terrain de la rencontre pour faire reculer la discrimination  à l’ emploi. Un signe des plus encourageants.  «

                                                                                                                                 Article paru dans "Le Pays "
 
 
 

* 1999 . ISLAM DE FRANCE ET LAICITE

Avec le Mufti de Marseille , Soheib BENCHEIKH , auteur du livre « Marianne et le Prophète « , le pasteur Jean Tartier, l’évêque de Belfort-Montbéliard Eugène Lecrosnier et André Wade, père orthodoxe à Belfort. Meyer Tordjmann, le rabbin de Belfort avait décliné l’invitation pour cause de Nouvel an juif.

     «  Rencontre œcuménique.
         Un mufti, un pasteur , un évêque et un pope sur la scène du théâtre. Une grande première  en  faveur de la compréhension de l’autre....

Une quadruple présence qui est un événement pour le pays de Montbéliard et a permis au principal orateur  de privilégier une passerelle commune : »L’entente interreligieuse est garante de la laïcité .Le génie de cette dernière , c’ est qu’elle transforme les anciens adversaires , religieux ou athées, en véritables partenaires . Elle est universelle… Les religions découvrent les bienfaits de la laïcité en y étant confrontées . Droit canon, thalmud ou loi coranique n’ont jamais empêché les pratiquants de vivre pleinement leur citoyenneté….Dans cet ordre d’idées, le mufti de Marseille insiste sur le fait que  « l’Islam est un message proposé à l’ensemble de l’humanité ,et non imposé…"Puis, évoquant le refus du maire de Marseille d’ autoriser la construction d’une mosquée, S.Bencheikh  met le doigt sur deux problèmes majeurs : » Le premier est d’ordre psychologique : une bonne partie des Français n’est pas prête à accueillir la  religion de l’autre, alors que l’Islam fait désormais partie du paysage. Or, c’est quand il est invisible qu’il est craint. Positivons cette présence qui permet d’enrichir la francité . Le second problème est théologique : le message de l’Islam est archaïque car non renouvelé depuis huit siècles. Aucune réforme n'a été entreprise à cet égard lors des grands changements politiques ..."

Cette rencontre , à laquelle un grand nombre de personnes a participé , a trouvé un écho très chaleureux . Elle a ouvert une large réflexion et a tracé  des pistes pour un avenir  commun dans le dialogue .

                                                                                                                       Article paru dans "l'Est Républicain "
 
 
 
 

  * 2001 . Y-A T' IL DISCRIMINATION  à L'EMPLOI DANS LE PAYS DE MONTBELIARD ?

              Avec les sociologues M.Pialoux et S.Beaud,  auteurs de " RETOUR SUR LA CONDITION OUVRIERE ", des syndicalistes CGT et CFDT, ainsi que des enseignants de l'IUT de Belfort/ Montbéliard.

Lors de ce débat animé par Jean Cadet pour le Mrap, les intervenants ont tour à tour exposé des problèmes rencontrés sur divers terrains du Pays de Montbéliard, qu'ils soient privés ou publics, par des exemples concrets.
Ainsi l'un d'eux n'a pas le sentiment qu'une réelle discrimination existe dans l'une des plus grandes usines du département, car il y a une présence et un controle syndical, des comptes rendus, etc ...
Mais en revanche, une certaine hiérarchie peut intervenir pour le devenir de l'ouvrier immigré. Ce qui fait dire que dans les entreprises, bien qu'elles s'en défendent, il n'y a guère de possibilité  pour un étranger non européen d'obtenir un poste d'agent de maitrise ou de cadre.

Pour la représentante de la CFDT, le constat est identique dans la branche commerciale, où cette partie de la population est absente: " l'embauche d'une personne d'origine étrangère pour un contrat à durée indéterminée ( CDI ) est très difficile à réaliser !"

Pour les étudiants immigrés, les stages dans certaines entreprises sont quasiment inexistants, " à cause du nom qu'ils portent ".

Par la suite, parole a été donnée au public . Paul Coizet, le Conseiller général du canton d'Audincourt, a indiqué que 40 % des chomeurs sont issus des quartiers, tels qu'à Montbéliard, aux Champs Montants, Champvallon, les Buis." Les problèmes ont été concentrés sur un meme lieu et l'on vit une ségrégation spatiale "
" Nous en sommes tous responsables! Il n'y a pas que le port du nom , il y a également la couleur de la peau de l'individu dira une dame.
" Avant 81, on parlait du droit de vote des immigrés, et depuis, plus rien. N'est-ce pas aussi une forme de racisme ? Comme les parents ne votent pas, les enfants ne votent pas non plus" commentera une autre personne.
" Les chefs d'entreprises ne font pas preuve de racisme, mais il y a des pratiques racistes au sein des entreprises "

Le public ne s'est pas montré avare d'exemple, et de citer queques réflexions, sur les agents d'ambiance dans les transports, les agents de médiation dans les quartiers, " cela me fait un peu peur, car c'est comme si l'on désignait le meilleur prisonnier pour s'occuper des autres! "

                                                                                                                                            Extraits du " Pays "
 

   * 2006 . UNE  REPUBLIQUE,  DIFFERENTS  DROITS ?

Avec Marc Dreyfuss, procureur honoraire de Besançon, Patrick Peugeot, président de la Cimade, Mgr. Claude Schockert, évêque de Belfort-Montbéliard. Débat organisé par les associations locales du groupe VIGILANCE, dont le MRAP 25.

Devant près de 200 personnes, les intervenants ont développé leurs points de vue respectifs face aux derniers avatars de la loi Sarkosy sur l'immigration de 2003 et 2006.

Un durcissement progressif de la loi.
Dans un rappel historique des grands tournants de la politique d'asile et d'immigration en France, M. Dreyfus souligne que les textes fondateurs datent de la fin de la seconde guerre mondiale ( 1ère loi sur l'immigration : 11 novembre 1945) L'immigration massive de main d'oeuvre a été fortement encouragée durant les années du renouveau économique. Le premier coup de frein a été donné en 1974, lorsque la situation de l'emploi a commencé à s'inverser. On a alors cherché à faire refluer la masse migratoire vers les pays d'origine, et dans les années 80, déjà, on a proposé, dans le secteur privé ( chez PSA, notamment ) l'aide financière au retour.
On assista alors à un durcissement progressif - dans un but dissuasif - des conditions d'immigration.. La première loi de ce genre fut la loi Pasqua de 1986. Si l'on excepte la position de J.P.Chevènement, qui, alors ministre de l'Intérieur, organisa en 1997-98 une régularisation à large échelle des membres de famille démunis de titre de séjour, les restrictions apportées au statut des étrangers sont allées croissant.

Inscrire le respect de la personne au coeur de la loi.
P. Peugeot explique que toutes ces mesures restrictives ont pour conséquence d'accroître l'importance de l'immigration clandestine et le nombre de sans-papiers. Même effectué dans des conditions déplorables, un travail au noir en France est considéré comme une chance de pouvoir envoyer au pays de l'argent qui fera vivre une famille élargie.
C'est pourquoi, tant que durera la disparité économique entre pays du nord et pays du sud, il y aura encore et toujours des candidats à l'aventureux voyage vers l'eldorado. Et tant que cette situation persistera, nous devons avoir à coeur de sauvegarder les droits des migrants à la vie privée et familiale, à la scolarisation des enfants, à une protection santé, à un logement décent...

Les droits de l'homme sont premiers.
Mgr. Schockert insiste à son tour sur le devoir d'accueil et de protection.L'Eglise reconnait certes aux Etats le droit de gérer l'immigration, mais cela doit se faire dans le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux de la personne. " Les droits de l'homme sont premiers, ceux des Etats sont seconds". Il invite les communautés chrétiennes à prendre soin de l'étranger démuni qui vit parmi nous. Revenant sur le problème des disparités économiques, il fait l'éloge des actions non gouvernementales, telles que le commerce équitable, le micro-crédit ... Même si cela peut paraître aux sceptiques dérisoire face à l'ampleur de la tâche, il est important de persévérer sans se décourager.

                                                                                                                                                                     par Simone JOLY.