Parmi la population
immigrée, les femmes sont souvent les victimes privilégiées
de la précarité, de la violence et de la discrimination.
Lorsqu'elles sont en situation irrégulière,
les femmes étrangères peuvent bénéficier des
dispositifs de lutte contre la précarité : centre d'hébergement
d'urgence, AME, accès au droit. Mais en aucun cas elles ne peuvent
bénéficier des allocations familiales.
Lorsqu'elles sont en situation régulière,
les femmes immigrées sont confrontées à des difficultés,
notamment administratives, qui précarisent leur situation.Ainsi la
femme étrangère arrivée en France accompagnée
de ses enfants, hors regroupement familial, rencontrera les plus grandes
difficultés à percevoir les aides sociales auxquelles elle
a pourtant droit. De même l'absence de domicile fixe pose problème
lors du renouvellement du titre de séjour.
Les femmes immigrées victimes de violences conjugales rencontrent
deux types de difficultés, en particulier au regard du droit
au séjour :
- la première concerne la preuve des violences conjugales : l'administration
n'accepte jamais de renouveller le titre de séjour de la femme victime
sur la seule base de certificats médicaux et de mains courantes.
- la deuxième difficulté tient au fait que la loi
ne protège la femme qu'au moment du renouvellement de son titre de séjour
et non si elle a quitté le domicile suite aux violences.
- Pour la femme étrangère
mariée à un ressortissant français, pas de délivrance
de carte de résident avant 3 ans de vie conjugale, même s'il
y a violences....
- La commission d'indemnisation des victimes d'infractions ne propose
réparation intégrale aux victimes de viol, violences graves...
que si la personne peut démontrer
qu'elle était en séjour régulier le jour des faits.
Il est plus que jamais indispensable de
mener les combats qui permettront de protéger efficacement les femmes
immigrées, avec ou sans papiers, contre la précarité,
les discriminations, les violences conjugales, les mariages forcés
ou le refus d'indemnisation de leur préjudice quand elles sont victimes
de faits graves.
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