Présentation de films suivis de débats :



MILICE, FILM NOIR
      film de A. Ferrari.

C’est un document très impressionnant sur la Milice française , créée en 1943 par P. Laval et dirigée par J.Darnaud , pétainiste ardent.
La tâche principale des Miliciens était le maintien de l’ordre , c’est- à - dire la chasse aux résistants. Par exemple à Lyon, Paul Touvier, chef de la Milice lyonnaise, a aidé Barbie dans la traque des résistants et des juifs. «  contre la lèpre juive , pour la pureté française « explique un ancien milicien. Ce film exhume quantité de courriers officiels, rappelle des faits accablants, donne la parole à des victimes et des bourreaux ainsi qu à leurs descendants. Il fait comprendre que la Milice, officiellement dissoute à la fin de l’Occupation, a perduré sous d’autres formes, larvées et effrayantes  et  que les idées fascistes sont encore vivantes aujourd’h
                C’est une nécessaire leçon d’histoire , car «  l’ homme qui ignore son histoire  est condamné à la revivre « .
  

retour

AMISTAD
   film de St .Spielberg.

L’ histoire se passe en 1839, dans la cale d’un bateau qui fait route vers l’Amérique. Des Africains , enlevés à leur sol natal , se révoltent et exigent leur liberté sous la conduite de l’un d’entre eux. Ils seront accusés de meurtre et de piraterie et les affrontements lors du procès qui  suivra, annoncent
 ceux qui déchireront l’Amérique quelques années plus tard (1861-1865)

   Ce film fut suivi d’un débat très intéressant avec Monsieur Pataky , de » la Maison de la Négritude et des Droits de l’Homme « de Champagney .
Un petit rappel : C’est en 1789 que le village de Champagney ( 70 ) lance un appel à Louis XVI en faveur des «  nègres dans les Colonies » qui sont « traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme » . En 1848, grâce à Victor Schoelcher , la seconde République française  décrète l’ abolition de l’esclavage. Mais c’est seulement en 1948 que les Nations Unies proclament  la  Déclaration  universelle des Droits de l’Homme , dans laquelle on peut lire par exemple :
                Art.1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
                Art.2 : Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune , notamment de race, de couleur , de sexe , de langue , de religion , d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale , de fortune , de naissance ou de toute autre situation.
                Art.4 : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits, sous toutes leurs formes.
                Art. 7 : Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi . Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et  contre toute provocation  à une telle discrimination.

Et pourtant !...

Qui , aujourd’hui encore , ignore les ventes d’esclaves en Mauritanie, au Soudan ou ailleurs ?
Qui , aujourd’hui encore , ignore les conditions de vie et de travail de nombreux enfants en Asie du sud-est , en Amérique du sud ou ailleurs ?
Qui , aujourd’hui encore , ignore que des personnes  sont soumises à un véritable esclavage par des employeurs peu scrupuleux , et ceci en Europe et en France même, de sorte que le C.C.E.M.( Comité Contre l’Esclavage Moderne / tel : 01 55 35 36 55 ) est engagé actuellement  dans plus de 80  procédures ?
 

L’Association des Amis de la Maison de la Négritude et des Droits de l’Homme . tel : 03 84 23 25 45

retour

MEMOIRES  D ‘ IMMIGRES
   Film de Yamina Benguigui.

 Ce sont des interviews , des témoignages , des images d’archives ,qui composent un film en trois parties :
                                                 - Les Pères : après 1945 , la France avait besoin de main d’œuvre. Des recruteurs sont donc allés les chercher en « Afrique du nord « .Ils se sont installés , mal, ils ont travaillé, dur, dans un pays où  on ne les aimait pas.
                                                 -  Les Mères : elles ont suivi les hommes, elles ont quitté l’environnement familier pour l’inconnu , pour un pays dont elles ne parlaient pas la langue et qu’elles ne comprenaient pas . Elles n’ont pas choisi leur vie.
                                                 - Les Enfants : Ils sont nés ici . Enfants de l’immigration et de la République , ils sont ici chez eux. Et pourtant ils sont mal acceptés, et pourtant on nie leurs droits légitimes. Comme dit Kofi  Yamgnane, «  la  France continue aveuglément de refuser le droit de vote aux parents du footballeur Zinedine Zidane  en même temps qu’elle demande à celui-ci de porter les couleurs de notre pays à travers tous les continents ».

Le film « Mémoires d’immigrés » permet de saisir de l’intérieur  ce qu’a été la vie de tous ces gens. Il est l’histoire des parents – une histoire, que souvent , ils n’ont pas su raconter  -  pour que les enfants et les petits- enfants sachent , pour qu’ils connaissent leurs racines et qu’ils soient fiers de cette génération courageuse . C’est un film sur l’humain, sur la mémoire , plein de sourires ,de larmes et d émotions , avec l ‘idée d’une réconciliation, pour qu’un jour , on ait « un peu moins peur de « l’autre » .
 

retour

GADJO  DILO
  Film de T.Gatlif

Stéphane, un jeune français, traverse la Roumanie à la recherche d’une chanteuse tsigane. Après une longue marche dans la campagne glacée, il rencontre un vieux  gitan qui lui offre l’hospitalité , chez lui , au sein de sa communauté.
 Pour Stéphane, qui découvre ce village à lécart  du village roumain , et pour les Tziganes qui découvrent cet « intrus » , il y a confrontation avec ‘l’autre’, avec celui qui est différent. Alors chacun sétonne, a peur, se moque. Puis on devient curieux, on fait connaissance, et on apprend à s’estimer mutuellement. Et il y a la musique , gaie , triste, mélancolique, envoûtante , qui tient une place primordiale dans le film comme dans la vie de nombreux Gitans .
Mais ce film montre aussi la mise à l écart des Tziganes , le mépris et l’hostilité que  les gens autour d’eux ressentent , le manque de communication et de compréhension, et cela mène au drame.

Pour essayer de comprendre un peu ce peuple  ( Tziganes ,  Roms , Manouches ,  Gitans, ) tous ces Gens du voyage qu’on appelait  autrefois  Bohémiens , nous avions  la présence de : - Monsieur Boiteau , de l’A.S.N.I.T.( Association Sociale Nationale et Internationale Tzigane) , lui-même tzigane et qui habite près de Colmar.
                                              -  et du Père M .Bonnet , chargé de l’accueil des Gens du Voyage à Audincourt.
Les questions et remarques ont permis d’aller au delà du folklore et de comprendre que beaucoup de problèmes viennent du fait que le droit n’est pas reconnu et la loi n’est pas appliquée.
             Leur droit : liberté d’aller et venir, liberté de s’arrêter et de stationner.
             La loi : la loi Besson de 1990 fait obligation aux communes de plus de 5000 habitants d’ installer des aires d’ accueil.
Or , un quart seulement des villes concernées respectent cette loi.
Qui est dans l’illégalité ?
Il y a en France environ 350.000 Tsiganes .
 

    A.S.N.I.T.E.  tel. 03 84 62 87 41

                      Tsiganes, Gitans, Manouches, Roms , Gens du voyage,
                              autant d'appellations qui permettent aujourd'hui de désigner ceux qui,  à travers une histoire  de  cinq siècles, n'ont cessé de poser question.
Pour en savoir plus, consultez un site très intéressant et très riche : http://perso.wanadoo.fr/cultures.tsiganes/

retour


SAUVE -MOI

   Film de Ch.Vincent

                              C’est l’histoire de Mehdi, qui tourne dans les rues de Roubaix avec son taxi clandestin, et qui vit de petits boulots. C’est l’histoire de ses amis, qui forment tous une famille unie dans la même galère. Et puis un jour arrive Agatha, et son appel au secours va bouleverser la vie de ces paumés, et finalement leur apporter un peu plus d’humanité et d’espoir.

                            Ce film  est le fruit d’une démarche originale, puisqu’il est l’aboutissement d’un atelier d’écriture organisé à Roubaix pendant l’hiver 98/99, où lécrivain Ricardo Montserrat réunit 17 « privés d’emploi » qui veulent s’en sortir. Après 4 mois de travail, un roman noir, ni témoignage, ni récit, sort de cet atelier. C’est « Ne crie pas » paru chez Gallimard, ouvrage à partir duquel Ch.Vincent fait un film de fiction .

                               Le débat après le film nous a permis d'écouter M.J.Schertzer, de Roubaix , qui après avoir fait de l’intérim pendant 18 ans  et élevé quatre enfants , a participé à cet atelier d'écriture. Une expérience difficile , mais qui, comme elle dit elle-même  l’a aidée à prendre conscience de sa valeur, et sa vie en a été transformée .
                             Cette soirée fut une belle leçon de courage et une description pleine de tact et de respect pour tout ces gens qui vivent dans la galère , parfois si près de nous.
 

retour


PAS D'HISTOIRE

C'est le titre d'un ensemble de 12 courts métrages, sur une idée de D.F.C.R. ( Dire, Faire Contre le Racisme )
qui a voulu d'abord sensibiliser les jeunes, en leur donnant la parole, en écoutant leurs idées, en recueillant leurs témoignages.
Les douze scénarios retenus veulent faire comprendre le mécanisme qui amène un individu à avoir un comportement raciste, et un autre à en devenir la victime.

Par la courte durée de ces films, chacun d'entre eux peut être ainsi un support efficace à une réflexion en classe sur les attitudes d'exclusion et sur la souffrance endurée.

Les douze films : - Cyrano                             - Mohamed
                 - Relou                          - Pas d' histoire
                 - Lettre à Abou             - Le vigneron français
                 - Poitiers, voiture 11      - Petits riens
                 - Pimprenelle                 - Sans l'autre, t'es rien
                 - Maman, regarde !         - Tadeus

retour

KANDAHAR
de Mohsen Makhmalbaf
           Alertée par une lettre, une journaliste afghane émigrée au Canada, tente de rallier Kandahar, où sa jeune soeur menace de mettre fin à ses jours pour échapper à la tyrannie des Talibans. La journaliste n'atteindra jamais son but, rejetée, humiliée et bientôt arrêtée.
           M.Makhmalbaf s'est inspiré de l'histoire vraie de Niloufar Pazira, qui tient le rôle principal du film. Entre documentaire et fiction, son film est un réquisitoire impitoyable contre la condition de la femme afghane et le sort des réfugiés afghans. Un réquisitoire flamboyant dans lequel chaque plan, chaque morceau de dialogue claque comme un appel à la révolte. Quelques scènes inoubliables: le parachutage des prothèses aux réfugiés mutilés, certains sans bras et certains sans jambes, dans les camps près de la frontière, la procession du mariage, subtil et presque unique moyen de détourner l'attention des talibans en se dissimulant derrière des tchadris.
                 Remarquable !
 

Pour ceux qui veulent des renseignements sur la situation actuelle des femmes et leur place dans la société afghane, pour ceux qui veulent les aider, ou soutenir l'aide aux écoles en Afghanistan, une association active d'aide aux femmes : NEGAR   25770 FRANOIS
                                                                    tel. 03 81 59 04 39

                                                    site : http://perso.wanadoo.fr/negar

retour

L' AFRANCE
   Film d'Alain Gomis
       El Hadj est étudiant à Paris. Il veut rentrer dans son pays natal, le Sénégal, pour participer au développement de son pays et se marier. Mais lorsqu'il est pris en défaut de carte de séjour à queques jours près, on le place en centre de rétention. Humilié, il attend son expulsion. Le délai légal expire. Relaché, il change alors de position : il ne veut plus rentrer chez lui en charter d'expulsion, mais veut rester en France et se battre....

         Ce film dit des choses jamais entendues : un immigré veut se battre pour rester dans un pays où il n'est pas né, parce qu'il ne supporte pas la façon dont on le jette dehors. Il s'enracine en France, à la fois sentimentalement, mais aussi politiquement, et en incarnant la résistance.
         C'est l'enfer des sans-papiers, la perte de repères, d'identité .... Ce sont de superbes images sur des termes  actuels, tels que " intégration, développement durable "...
        C'est l'ambiguité de la situation, du titre même, mélange de France et d'Afrique, et de ce que la France ne reconnait pas.

        Pour contacter les associations qui soutiennent les sans papiers dans le Pays de Montbéliard:

                le MRAP : permanence le jeudi de 18 à 19h. au Pole associatif
                                    1 rue du Chateau Montbéliard
                                    tel 03 81 95 39 44  ou  06 76 33 01 65


                la CIMADE : permanence le lundi et le jeudi de 9h30 à 12h et de 14 à 18 h.
                                    8 rue Saint Saens Montbéliard
                                    tel 03 81 98 31 65

retour

LE BRUIT, L'ODEUR, ET QUELQUES ETOILES ...
Film de Eric Pittard.

Décembre 1998 à Toulouse. Lors d'une tentative de vol, un adolescent est tué à bout portant par un policier. Il avait 17 ans, s'appelait Habib, Pipo pour ses copains de la Cité de la Reynerie.Au lendemain de ce drame, les potes de Pipo ont " la rage ". Quatre jours d'émeutes secouent la cité.
la mort de Pipo, et les événements qui ont suivi sont le point de départ du film.

Tournée dans les lieux où se sont passés les faits, l'histoire est interprétée par ceux les ont vécus : Farid, l'un des trois garçons qui a constitué l'association 9bis pour réclamer justice, sa soeur Kheira, un professeur, l'avocat de la famille de Pipo, un ancien CRS, les habitants de la cité...
le film est construit comme un opéra urbain, avec un prologue, trois actes et un épilogue. Les membres du groupe Zebda font, face caméra, la transition entre les actes.

Ce film est un excellent compromis entre drame musical et commentaire. C'est un film choc anti-clichés sur la banlieue, un film à la fois politique et humain.

retour

TRAVAIL  d’ ARABE

Film de Christian Philibert.

Cette reprise d’une expression raciste donne un titre qui choque.

Mais derrière cette provocation, c’est une remarquable comédie citoyenne, un divertissement sur l’inégalité de traitement devant la justice, une satire des comportements xénophobes et des lâchetés quotidiennes, ainsi que le  manque de conscience professionnelle de certains, que C. Philibert nous donne à voir.

Momo, un jeune provençal d’origine maghrébine, sort de prison après un petit délit. Bien décidé à se racheter une conduite, il est embauché à l’essai dans une petite entreprise familiale de chauffage au gaz. Momo s’aperçoit très vite des agissements sans scrupules de ses employeurs qui n’ont aucune conscience professionnelle et travaillent en dépit du bon sens et des règles de sécurité. Les frères voyous s’enrichissent ainsi, à coup de magouilles et de menaces, sur le dos de leurs clients, des petites gens sans grandes ressources et moyens de défense. Momo est bientôt le seul à connaître les responsables de la mort d’une vieille dame chez qui il a travaillé quelques jours, et il est bien décidé à faire éclater la vérité au grand jour…

On retrouve dans cette comédie acerbe les préoccupations humanistes du réalisateur, sa lutte contre le racisme ordinaire ( anti-vieux, anti-étrangers …) Il parle aussi d’intégration et de solidarité intergénérationnelle , mais ce n’est pas un pensum poussiéreux ! C’est un virulent pamphlet, un film drôle et singulier, une comédie militante !

retour

 
 
ROSENSTRASSE.

Film de Margarete von Trotta.

Ce film est basé sur un fait historique du passé de l’Allemagne nazie, qui n’a été révélé qu’en 1989.

New York, de nos jours. Après la mort de son mari, Ruth Weinstein a un comportement étrange, que sa fille Hanna ne comprend pas. Uns cousine la met sur la piste d’un passé dont Ruth n’a jamais parlé à sa fille.

Berlin, 1943. Ruth a 8 ans, elle voit sa mère emmenée par la Gestapo dans un immeuble de la «  Rue des roses », où sont enfermés des centaines d’hommes et de femmes juifs, qui se croyaient protégés par leur mariage avec des aryens. Lena Fischer, issue de la haute bourgeoisie, recueille Ruth. Qui sait ce qui se passe dans la Rosenstrasse ? Les épouses aryennes viennent par dizaines manifester et réclamer la libération de celles et ceux qu’elles aiment, pour les sauver des camps de la mort. Ruth et Lena viennent, elles aussi, défier les nazis avec les autres femmes ….

Au-delà de l’ histoire méconnue de ces couples mixtes que le régime nazi voulait briser, au-delà de cette résistance à la violence, les allers-retours dans ce film disent que tout est affaire de mémoire, mémoire juive, mémoire douloureuse .

retour


TELLEMENT PROCHES.

Comédie espagnole de D.Hariri et T.de Peledri, qui met en scène de façon loufoque et gaie les problèmes touchant les Juifs et les Palestiniens : l’histoire se passe dans une famille espagnole juive, dans laquelle chacun a une conception différente de la vie : un père trop souvent « absent », une mère débordée, un grand-père aveugle qui vit dans le souvenir des guerres israéliennes, une fille aventureuse, un fils tenté par l’extrémisme religieux, et une fille qui revient un jour à la maison avec son fiancé, un Palestinien !

Situations cocasses, traitées de façon légère, qui donnent à voir l’absurdité des situations les plus tragiques. La confrontation avec l’Autre renforce la réflexion de chacun sur son identité et permet d’accepter les différences.

« Tellement proches » est un appel à la tolérance malgré les difficultés de vivre ensemble.

retour


LA BLESSURE.

Ce film de N. KLOTZ est beau et brutal. C’est un drame, comme il s’en produit chaque jour en Europe, depuis qu’elle devient forteresse, et en France, depuis que la France devient sourde, depuis qu’elle n’est plus une terre d’accueil, mais un pays qui expulse, blesse et humilie les étrangers qui espèrent y trouver refuge.

Papi vit à Paris dans un squat, et apprend que sa femme, Blandine, arrive par avion de Kinshasa. Mais dès son arrivée, Blandine et un groupe d’Africains sont retenus à l’aéroport et maltraités par la police. Blandine a beau dire qu’on vient la chercher, on ne l’écoute pas et elle subit le même traitement que les autres, qui sont emmenés de force pour être expulsés. Ils résistent, Blandine est blessée, mais elle parvient à se réfugier chez Papi, dans le squat où vivent d’ autres sans papiers….

Après la décision prise par l’Europe en 2005 de renvoyer les étrangers par charters communs, la situation est de plus en plus difficile pour faire valoir ses droits, quand on se réfugie en France. Etrangers traités comme des animaux, fonctionnaires de police agissant avec une violence révoltante, mise en place de la « machine qui expulse », comme le demande le gouvernement dans ses dernières directives , vie en marge des sans papiers…

Blandine n’est pas blessée à la jambe seulement, mais surtout dans son âme, et c’est assurément la plus grave des blessures.

retour


Le Plafond de verre.     

Film de Yamina Benguigui dont le titre évoque la frontière invisible qui concerne le déroulement de carrières des femmes, et qui fait qu'à diplômes et compétences égales, elles n'accèdent pas aux positions les plus élevées dans la hiérarchie.

Ici, la formule désigne les difficultés que connaissent les jeunes diplômés issus de l' immigration pour intégrer le marché de l'emploi.Ce n'est pas tant le racisme déclaré qui pose problème que l'ensemble des a-priori plus discrets, rampants, presque invisibles.

Les défricheurs .
Ce deuxième documentaire de Y.Benguigui traite du même sujet, mais s'intéresse aux enfants d'immigrés qui ont réussi  à s'insérer dans le monde professionnel.

Ces deux moyens métrages regroupés en un programme, dressent un constat sans illusion : à compétances égales, un Français d'origine immigrée a moins de chances  d'intégrer le monde de l'entreprise qu'un Français dit "pure souche". Et s'il réussit, ce dernier doit en faire deux fois plus que les autres pour s'affirmer. Le film fait se succéder divers portraits de candidats diplomés refusés en raison de leurs origines ethniques et fait entendre les justifications des employeurs : cela soulève le coeur, mais c'est plus qu'une simple dénonciation  du "gâchis français" . Il y a des solutions, il y a des entreprises pionnières ... Comme l'école et l'armée, l'entreprise peut être ce creuset  qui parvient, grâce au travail, à rassembler toutes les composantes de la société et à donner le sentiment d'appartenir à une nation. Et lorsqu'on leur donne une chance d'entrer dans le monde du travail, même par la plus petite porte, le parcours de ces hommes et de ces femmes peut les mener aux plus hauts niveaux.

retour



LITTLE SENEGAL .            

   Ce film de Rachid Bouchareb raconte le déchirant voyage d'un vieux sage africain, un voyage vers ses racines, vers l'autre. Il ne juge ni ne condamne; il explore la réalité complexe de la vie, des destinées, de tous ces chemins qui se croisent.

Aloune est le gardien du musée de l'esclavage sur l'ile de Gorée, au Sénégal. Il maintient vivante la mémoire des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, qui furent emmenés captifs pour un "voyage sans retour". Il explique aux touristes, des Noirs d'Amérique, l'enfer vécu par leurs ancêtres. Et un jour il décide de partir lui-même de l'autre côté de l'océan, sur la trace de ses ancêtres, à la recherches de cousins, issus de la même lignée que lui.

C'est le début d'une longue quête qui le mènera des anciennes plantations jusqu'à LITTLE SENEGAL, ghetto noir de New York. C'est un étrange voyage pour le vieux visiteur africain qui découvre la jungle des villes, avec la violence, le racisme, le mépris, les rapports complexes entre les communautés. Bien vite aussi, il ressent l'hostilité, la méfiance, l'absence de solidarité des Noirs américains qui portent sur les Africains le regard raciste qu'ils subissent eux-mêmes quotidiennement de la part des Blancs. Les descendants des ancêtres du vieil homme sont plus américains qu'africains...

Notre invitée pour le débat était l'association APACA - Association pour la Promotion des Arts et des Cultures d'Afrique -  

 Ses coordonnées : 6, grande rue 25000 BESANCON    tél : 06 67 01 43 25     www.lumieresdafrique.com